Opération de la myopie
Rentrer au bloc opératoire le matin. En ressortir 1h plus tard, et retrouver le soir même le plaisir de voir net sans lunettes ni lentilles. Les opérations de la myopie sont sûres, rapides, et très efficaces. Voici les réponses à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur le sujet.
Opération de la myopie : quelles sont les techniques de chirurgie au laser ?
Dans la majorité des cas, c’est une chirurgie réfractive au laser qui est utilisée pour opérer la myopie. En réalité, il n’existe pas une, mais plusieurs opérations au laser :
Le chirurgien choisit la technique la plus adaptée à son patient, en fonction de la sévérité de sa myopie, de l’épaisseur de sa cornée, de son âge, de ses attentes…
Dans tous les cas, une opération au laser ne nécessite pas d’hospitalisation. Elle se pratique en ambulatoire, sous anesthésie locale avec de simples gouttes. Elle est rapide, environ dix minutes par œil, le laser n’étant utilisé que pendant une dizaine de secondes.
LASIK : la technique de référence pour opérer la myopie
Le LASIK (Laser-Assisted In Situ Keratomileusis) est aujourd’hui la technique la plus pratiquée dans le monde pour corriger la myopie.
Comment se déroule une opération LASIK ?
Le chirurgien place un écarteur sur l’œil pour éviter tout clignement de paupières, puis utilise un laser femtoseconde pour créer un capot, une fine lamelle de l’épithélium, couche superficielle de la cornée, qui va être soulevée. Un second laser, l’excimer, remodèle ensuite la cornée afin que l’image se forme correctement sur la rétine. Le capot est ensuite repositionné en place. Aucune suture n’est nécessaire.
Avantages du LASIK
Le LASIK présente plusieurs avantages :
- intervention indolore ;
- récupération visuelle très rapide ;
- retour aux activités dès le lendemain ;
- excellente précision ;
- résultats stables dans le temps.
La plupart des patients retrouvent une vision nette quelques heures après l’intervention.
La PKR : la technique historique de chirurgie de la myopie
La PKR (photokératectomie réfractive) reste une technique de référence dans certaines situations.
Elle est souvent privilégiée chez :
- les patients ayant une cornée fine ;
- les cornées irrégulières ;
- certains sportifs exposés aux traumatismes oculaires violents.
Comment fonctionne la PKR ?
Le chirurgien retire manuellement l’épithélium (la fine couche superficielle de la cornée), avant d’utiliser un laser pour changer la forme de la cornée. La couche superficielle de la cornée met quelques jours à cicatriser.
Suites opératoires de la PKR
Contrairement au LASIK, la récupération visuelle est plus lente :
- douleurs ou brûlures pendant 48 à 72 heures ;
- vision floue pendant quelques jours.
TransPKR : les avantages de cette chirurgie laser sans contact
Avec la TransPKR, l’épithélium n’est pas retiré manuellement. Le laser excimer enlève l’épithélium et corrige la myopie en un seul geste, sans contact.
Certaines études ont montré que les douleurs post-opératoires pourraient être moins fortes et plus courtes dans la TransPKR versus la PKR classique. D’autres études ont montré une précision légèrement moins bonne en TransPKR, par rapport à la PKR, pour certaines corrections. C’est la raison pour laquelle seul le chirurgien pourra décider quelle est la technique la mieux adaptée à votre situation.
SMILE : une opération de la myopie sans capot cornéen
Comment fonctionne le SMILE ?
Le SMILE (Small Incision Lenticule Extraction) est une technique récente de chirurgie de la myopie. Avec cette technique, on ne touche pas à l’épithélium. Le chirurgien découpe au laser un lenticule dans l’épaisseur de la cornée, puis l’extrait via une petite incision de 2 à 3 mm. Ce geste modifie la forme de la cornée et corrige la myopie.
Les avantages du SMILE
Le SMILE présente plusieurs bénéfices :
- absence de capot cornéen ;
- meilleure préservation de la surface de la cornée ;
- diminution du risque de sécheresse oculaire ;
- récupération rapide.
Quels résultats attendre après une opération de la myopie ?
Dans l’immense majorité des cas, la vision obtenue est équivalente à celle procurée par les lunettes ou les lentilles, parfois légèrement meilleure.
Les opérations au laser affichent des taux de satisfaction très élevés. Les résultats dépendent de plusieurs choses. Déjà, de la qualité du bilan pré-opératoire, qui doit être rigoureux. Et bien sûr, de l’expérience du chirurgien, essentielle pour choisir la bonne technique et optimiser le résultat. D’où l’importance de bien se renseigner (auprès de son médecin généraliste, de proches qui ont déjà été opérés, d’un spécialiste…) avant de franchir le pas.
Suites opératoires : quelles précautions après l’opération ?
Après l’opération, le patient doit rentrer chez lui en étant accompagné par un proche, ou prendre un taxi. En effet, dans les heures qui suivent l’opération, un inconfort ou une douleur sont fréquents : sensation de grains de sable, larmoiements, gêne à la lumière. Il ne faut pas s’en inquiéter. Ces symptômes s’estompent en général en quelques heures après un LASIK et en 48 à 72h après une PKR. La récupération visuelle est en général complète 24h après une opération au LASIK, une semaine après une PKR.
Pour que tout se passe au mieux, il faut respecter quelques règles : ne pas conduire le jour de l’intervention, éviter la piscine pendant quinze jours, ne pas se maquiller les yeux les quinze premiers jours, et ne pas se frotter les yeux. Une coque protectrice est fournie pour protéger ses yeux les premières nuits.
Quels sont les risques et complications possibles ?
Les complications graves après chirurgie de la myopie restent très rares.
Effets secondaires fréquents mais temporaires
La plupart des effets secondaires sont bénins. Les patients peuvent ainsi noter une sécheresse oculaire, la perception de halos ou d’éblouissements nocturnes. Mais la plupart du temps, ces troubles disparaissent dans les semaines qui suivent l’intervention.
Risques rares
Les complications graves sont très rares. Les cas d’infection sont exceptionnels. Lorsqu’un LASIK est effectué sur une cornée fine et/ou irrégulière et/ou que des frottements oculaires répétés surviennent en post-opératoire, la cornée peut se déformer, entraînant une baisse d’acuité visuelle, mais cela reste extrêmement rare.
Quand le laser n’est pas possible : les implants phaques ICL
Le laser affine la cornée. Et plus la myopie est forte, plus il est nécessaire de « creuser » afin de corriger la totalité de la myopie. C’est pourquoi une myopie trop forte, une cornée trop fine ou irrégulière peuvent être des contre-indications à la chirurgie laser cornéenne. Une importante sécheresse oculaire, ou la présence d’un kératocône sont d’autres contre-indications à la chirurgie réfractive au laser. Un bilan est réalisé avant l’opération, pour que le chirurgien décide de ce qui vous convient le mieux. Pour ceux qui ne peuvent bénéficier d’une opération au laser, il existe une alternative : la pose d’implants. Il en existe deux types :
Les implants Phake ICL (Implantable collamer lens)
Ils sont placés devant le cristallin, derrière l’iris. Il s’agit d’une lentille biocompatible, extrêmement flexible. Elle comporte plusieurs petits trous pour permettre la circulation de l’eau qui doit s’écouler naturellement dans l’œil. Cet implant existe en plusieurs tailles, pour s’adapter à chaque patient. Un des avantages de cette chirurgie, c’est qu’elle est réversible. On ajoute un implant, mais s’il est nécessaire un jour de le retirer, c’est possible. Et le cristallin naturel n’est pas retiré. Les premiers implants phaques ICL ont été posés en 1993, et il y a aujourd’hui suffisamment de recul pour confirmer leur efficacité et leur stabilité dans l’œil. L’Institut Laser Vision et la clinique Noémie de Rothschild sont le premier centre poseur d’implants phaques en France.
Comment se déroule l’opération
L’opération a lieu sous anesthésie locale. De simples gouttes permettent d’endormir les yeux. Le chirurgien effectue ensuite une micro-incision de 3mm au niveau de la cornée. Il insère l’implant plié à travers cette ouverture, et le positionne derrière l’iris. L’intervention dure 10 à 15 minutes. Les deux yeux peuvent être opérés le même jour. 3h après l’opération, le patient peut déjà rentrer chez lui. Dès le lendemain, il voit bien et peut reprendre ses activités habituelles.
Pour quelles myopies
Elle peut corriger des myopies allant de -0,50 à -18 dioptries (jusqu’à -30 dioptries avec les IPCL), associées ou non à de l’astigmatisme, chez des personnes de 21 à 60 ans environ. A un âge plus avancé, c’est le début de la cataracte (opacification du cristallin), et une autre intervention est indiquée.
Après 60 ans : chirurgie de la cataracte et correction de la myopie
Avec l’âge, le cristallin perd sa transparence : c’est la cataracte. Lorsqu’elle survient, retirer le cristallin et le remplacer par un implant artificiel permet de corriger la myopie et peut, selon l’implant choisi, corriger aussi l’astigmatisme ou la presbytie. Chez les patients myopes, il n’est pas très recommandé de réaliser une chirurgie du cristallin avant l’apparition de la cataracte (chirurgie du cristallin clair), ou du moins avant le décollement postérieur du vitré.
Le prix d’une opération de la myopie
Le tarif varie selon la technique utilisée (LASIK, implants, Prelex), un devis personnalisé est établi lors du bilan préopératoire. En général, le prix varie entre 2600 euros et 3100 euros pour une chirurgie laser, 5000 euros pour une chirurgie PRELEX et 5800 euros pour des implant phaques.
Questions fréquentes
Retouche laser : est-ce possible ?
Oui. Si la myopie continue d’évoluer après l’opération (ce qui peut arriver dans le cas d’une forte myopie), il est tout à fait possible de faire une « retouche ». Une deuxième opération peut également être nécessaire si la correction était insuffisante lors de la première intervention. Ce taux de retouche est de l’ordre de 0,6% sur 30000 yeux opérés à l’Institut laser Noémie de Rothschild (Clinique Noémie de Rothschild), dans laquelle exerce le Dr Alain Saad, chirurgien ophtalomologue.
A quel âge peut-on se faire opérer de la myopie ?
En règle générale (sauf exception) il est recommandé d’attendre que la myopie se soit stabilisée avant d’envisager une chirurgie au laser. Cette stabilisation survient le plus souvent autour de 20-21 ans.
Toutefois, certaines exceptions existent. Chez des patients plus jeunes, l’intervention peut être envisagée même si la myopie n’est pas parfaitement stable, notamment lorsque des projets professionnels spécifiques exigent une excellente vision sans lunettes ni lentilles.
Peut-on opérer une forte myopie ?
Oui. Même si une forte myopie peut continuer à évoluer lentement avec le temps, attendre une stabilisation complète n’est pas toujours nécessaire. Les études montrent en effet que ce type de myopie peut continuer à évoluer avec le temps, mais de façon généralement lente et modérée. Une chirurgie peut alors permettre de bénéficier de dix à quinze ans d’indépendance vis-à-vis des corrections optiques. Une retouche ultérieure pourra toutefois être envisagée si la myopie devait à nouveau progresser.
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